JONATHAN VAUGHTERS A PROPOS DU TOUR DE FRANCE 1987

Publié le par Patrick BERNARD

 

Mur de Berlin, juste avant le départ du Tour de France 1987

Jonathan Vaughters est un ancien coureur états-uniens qui a participé aux quatre Tours de France de 1999 à 2002. Il est directeur sportif d'équipe professionnelle depuis 2005.

Jonathan, à quand remonte votre premier souvenir de Tour de France ?

1986, l'année de la victoire de Greg LeMond, la première d'un coureur américain dans le Tour de France. J'avais 13 ans et c'était le premier Tour de France auquel je m'intéressais. Le suivant en 1987 reste toutefois pour moi celui qui m'a donné envie de me mettre au cyclisme. Ce fut un Tour de France excitant avec beaucoup de changements au classement général. Le maillot jaune est passé sur de nombreuses épaules. Un jour c'était Pedro Delgado, un autre Jean-François Bernard, un autre Stephen Roche... Il y avait beaucoup de mouvements, de belles bagarres, des courses stratégiques. Ça reste mon plus beau souvenir de Tour de France.

A cette époque, comment suiviez-vous le Tour depuis les Etats-Unis ?

A la télévision, même si aux Etats-Unis le Tour de France n'était pas diffusé en direct. On avait le droit à un résumé d'une heure à une heure et demie le samedi et le dimanche. Après, il y avait toujours des magazines qui traitaient du sujet et qui évoquaient le Tour de France en profondeur quelques semaines après le terme de l'épreuve. Moi je lisais tout ce que je pouvais trouver sur le Tour, bien qu'il n'y avait pas beaucoup de presse anglo-saxonne à l'époque.

A 13 ans, vous aviez déjà pris une licence dans un club ?

Oui, j'ai commencé à cet âge-là, en 1986, l'année de la victoire de LeMond. J'ai fait mes débuts dans un petit club. L'année suivante, en 1987, j'ai terminé 2ème du Championnat des Etats-Unis cadets. Derrière un certain George Hincapie.

Pour vous qui avez connu le Tour en tant que fan, en tant que coureur et désormais en tant que manager, 1987 reste l'année marquante ?

Oui, c'est clairement le Tour que j'ai préféré. J'aime les Tours de France qui ne sont pas prévisibles. Il y avait toujours trois ou quatre coureurs à se tenir dans une marge étroite, ce qui rendait tout possible. Ça me fait penser au Giro que nous avons gagné en 2012 avec Ryder Hesjedal, quand ça s'est joué au dernier moment. J'aime beaucoup ça. Bien entendu j'ai également beaucoup aimé le Tour 1989 quand Greg LeMond s'est imposé pour 8 secondes face à Laurent Fignon. Mais pour moi 1987 restera toujours au-dessus, c'est mon édition favorite.

Plus que lorsque vous y avez participé ?

Oui, toujours plus. Le cyclisme a beaucoup changé. Aujourd'hui des tactiques comme on en voyait en 1987 ne sont plus possibles. Les courses vont plus vite, toutes les équipes sont plus fortes, mieux organisées. Mais j'aime la stratégie, et en cela 1987 reste un modèle.

Propos exprimés en 2014 et rapportés sur le site Vélo 101

 

Jonathan Vaughters dans le contre-la-montre du Ventoux au Critérium du Dauphiné 1999. Avec un temps de 56'50 (devant Alexandre Vinokourov en 57'33), il améliore de 1 minute la marque de Jean-François Bernard sur le tronçon Charly Gaul pendant le clm du Tour de France 1987, lequel était parti de Carpentras quand celui du Dauphiné s'élançait de la ligne empierrée de Bédoin (Jeff avait aussi changé de vélo après Bédoin). Lors d'un contre-la-montre identique au Dauphiné 2004, le temps de Vaughters est amélioré par Tyler Hamilton en 56'24 et Iban Mayo en 55'51 (Oscar Sevilla 56'54, Lance Armstrong 57'48), performance qui demeure le record de la Montée Charly Gaul en 2019. Remarquons que tous ces coureurs de l'époque moderne (post 1990) ont été contrôlés positifs (ou ont formulé des aveux) à l'EPO et/ou aux transfusions sanguines.

Publié dans Témoignage extérieur

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